Vivre même triste

Publié le 12/04/2017 à 15:00

« Tous les arbres sont en fleurs et la forêt a ses couleurs que tu aimais »



Cette vieille chanson de Nana Mouskouri me trotte dans la tête depuis quelques semaines. Depuis que j’ai perdu ma belle « didi ». La perte d’un animal est parfois plus douloureuse même que la perte d’un parent. Bien sûr, je sais que ces mots peuvent choquer certains d’entre vous mais ceux qui, comme moi, sont en contact avec des animaux familiers me comprennent.


Cette chanson figure dans un CD de Nana Mouskouri dont ma chère mère était si fan. À tel point qu’elle avait fait le choix de l’une de ses chansons pour son enterrement. Ainsi, ce jour fatidique où il me fallut aller à Lyon, j’ai écouté en boucle ce fameux CD. À chaque fois que je subis la perte de l’un de mes compagnons à quatre pattes, j’entends à nouveau cette ritournelle. C’est en quelque sorte ma madeleine de Proust auditive.


En ce printemps sublime, tous les arbres sont en fleurs. J’en apprécie la beauté. D’ailleurs le printemps a toujours été ma saison préférée, sans doute parce qu’il nous offre une prodigalité sans limites. J’aime la vie et ce d’autant plus que j’en sens les limites. Ayant déjà perdu mes deux parents, un frère, quelques proches et de nombreux animaux, je sais maintenant qu’il est indispensable de profiter de ceux qu’on aime quand ils sont encore là.



J’ai également fait mienne cette phrase de CONFUCIUS :


« On a deux vies et la deuxième commence le jour où l’on se rend compte qu’on en a qu’une. »



Néanmoins, il me semble essentiel de toujours bien mesurer le danger qui nous guette lorsqu’on perd un être cher. Mieux vaut accueillir sa tristesse, accepter certains ressentiments comme par exemple un énervement vis-à-vis d’un autre moins aimé mais pourtant toujours là. Certes, ces émotions qui nous envahissent ne sont pas nobles mais cessons de penser que nous ne sommes fait que de sentiments nobles. La seule noblesse que je connaisse, c’est de reconnaître toute notre ambivalence, nos moments de haine ou d’agressivité quand le monde ne tourne pas dans le sens qu’on espère. Alors peut-être devenons-nous enfin capable d’humanité.


Alors oui tous les arbres sont en fleurs et cette nature me donne envie de vivre, même triste. La nature avec ce qu’elle a de merveilleux mais de si cruelle ne cesse de me donner les meilleures leçons de vie…


Ce billet m’a également été inspiré par le livre d’un vétérinaire que j’ai reçu la semaine dernière : Frantz Cappé, « Mon chat, mon chien va partir » aux éditions Albin MICHEL

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Le 15/04/2017 à 15:29

Réponse de CheyN

Des moments à bercer sa tristesse d'une infinie douceur et de tendre nostalgie, le temps nécessaire et voir se révéler un jour toute la joie d'un lien qui nous accompagnera pour toujours ... ^=^
Le 14/04/2017 à 16:13

Réponse de Eric_L

Que dire de plus ... c'est exact